5/24/2006

Une cure de libéralisme

On a beau claironner que la Corse va mieux, la réalité suscite bien des inquiétudes. La misère s’est installée dans notre pays ; un tiers de la population d’Ajaccio vit avec moins de 750 euro par mois.
Si de nombreux secteurs de l’économie connaissent une reprise, l’emploi et la croissance ne sont toujours pas au rendez-vous pour le plus grand nombre.
La violence persiste, les conservatismes gardent leur ardeur, la politique régionale manque de souffle et de perspectives, les finances locales sont contraintes et les grands dossiers essentiels pour l’avenir de notre île ( PADDUC, énergie, agriculture, …) semblent au point mort.
Seule une saison touristique annoncée florissante pourrait donner un peu d’espoir.
Comment sortir de cet immobilisme, redonner confiance, vaincre l’inertie pour relever les défis qui se présentent à nous ?
Le Président de l’Assemblée de Corse avance des réponses … surprenantes !
Il fait notamment de l’urbanisation du littoral le pivot du développement de la Corse, proposant un quasi doublement des surfaces constructibles dans ces zones particulièrement sensibles. Il dévoile également ses intentions concernant le démantèlement du service public des transports – une fois financée l’opération concoctée par le gouvernement s’entend.
C’est bien une cure du libéralisme le plus extrême que nous propose Camille de Rocca-Serra.
Certes, l’aménagement de notre territoire et les dessertes maritimes et aériennes sont essentielles pour le développement de la Corse. Mais on aurait préféré qu’un état des lieux, des objectifs, une stratégie, soient démocratiquement arrêtés ( suite à une concertation large et un débat à l’Assemblée mené en toute transparence). Alors, tout aussi démocratiquement, les élus régionaux pourraient choisir les conditions de mise en œuvre de cette politique, décider d’éventuels aménagements, proposer des pistes de changement.
Mais résumer une politique à des objectifs finaux, à des quantités, à " désanctuariser " des acquis, ça revient à ignorer l’intérêt collectif. Ca n’est pas faire le jeu de la Corse

3 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Quelle fantastique manipulation des esprits. Les corses seraient-ils à ce point dupe: si ça ne va pas bien c'est parce qu'ils refusent de bétonner, de vendre, bref de se baléariser. Et puis c'est évident, lorsqu'ils se sont prononcé au moment des élections, ils ont clairement et massivement souhaité l'ultralibéralisme, le démantèlement des protections, la course au profit,...
Heureusement, la droite insulaire veille pour montrer la voie.

mai 26, 2006  
Anonymous Anonyme said...

Et que disent les leaders de gauche en Corse, vont-ils s'opposer, accepter cette dérive, proposer de nouvelles solutions. Nous autres pauvres citoyens attendont un débat où toutes les vérités seront énoncées, où l'on osera. Car il est possible d'imaginer un modèle de développement efficace et qui préserve notre patrimoine, notre identité.
Je crois qu'il faudrait impliquer davantage la société civile dans ce débat: les associations de protection de l'environnement, les résidents, les professionnels du tourisme aussi car ils savent que l'atout de notre île c'est son littoral préservé et que c'est leur fonds de commerce.

mai 26, 2006  
Anonymous Anonyme said...

manipulation des esprits ou des chiffres... faut-il rappeller que la droite possède une majorité toute relative à l'Assemblée de corse et que Camille de Rocca Serra a été élu avec des voies qui ne sont pas celles de la droite insulaire!!! Les corses ne sont en effet pas dupes, ils n'ont pas choisi l'ultralibéralisme et son cortège de précarité et de casse du service public... La droite corse sait que son règne est fragile, aux élus de gauche d'ouvrir la voie, de proposer un modèle de société plus juste et plus solidaire, une autre façon de faire de la politique, en respectant le choix des électeurs... faisons confiance aux citoyens ils sauront le moment venu juger les actes et non les envolées lyriques...car c'est bien celà l'essentiel agir pour l'intérêt général de la Corse et des corses en construisant un modèle de développement durable cohérent et juste

juin 27, 2006  

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