5/28/2006

disparition de Christophe de Ponfilly

Christophe de Ponfilly a choisi de s’en aller. La tristesse et le souvenir m’assaillent car c’est un ami qui vient de partir.
En pareilles heures, je pense d’abord à sa famille, à ses enfants, pour leur dire qu’ils peuvent être fiers de leur père, de son courage, de son engagement pour la vérité.
Il fut en effet des premiers à se rendre en Afghanistan pour témoigner des horreurs et de la résistance. C’était il y a plus de vingt-cinq ans. Puis il y était retourné pour couvrir la tragédie du peuple Afghan soumis à l’obscurantisme taliban, les combats du Commandant Massoud,… Il criait alors au Monde les dangers qui le guettait. Mais peu l’ont entendu.
Bien sûr, je me souviens de ces portraits d’Afghans, de celui du Commandant Massoud. Je ne sais toujours pas s’il entendait en faire un symbole de la Liberté, mais les documentaires et les livres qu’il lui a consacrés ont fait vibrer la conscience politique de ma génération.
Car Christophe était un serviteur de la Paix. Il avait vu tant de souffrances, tant de violences et de guerres. Il informait et donnait à réfléchir, convaincu que les mots et les images changent le Monde, plus que les bombes et les balles. Il voulait mobiliser ces fantastiques ressources du cœur et de l’esprit.
Christophe était un humaniste, de ceux qui savent aimer, écouter, qui s’intéressent aux autres pour les comprendre.
Christophe aimait la Corse. Il y était venu plusieurs fois, découvrir nos montagnes en famille. Puis une carte blanche lui avait été donnée et il avait choisi de filmer la Corse, ou plus précisément les Corses.
« Ces hommes m’ont plu », disait-il.
Je crois, Christophe, que tu leur plaisais aussi.
Ton parler vrai, ta soif de raconter le Monde, la sincérité et la gravité de ton propos pouvait mobiliser. C’est pourquoi nous avions souhaité que tu viennes parler de tes expériences aux Ajacciens. Et tu as répondu présent, toujours. Merci pour ton œuvre.

Disponible, simple, courageux, engagé, Christophe nous manque déjà.

5/24/2006

Si tu es fier d’être ajaccien …

Vu à la télévision en cette fin de semaine, l’ACA victorieux à Paris à l’occasion de la dernière journée du championnat de Ligue 1 de football.
Un match splendide de combativité, d’audace, de courage ; bref de panache. Les jeunes et talentueux ajacciens ont porté haut les couleurs de la cité impériale.
Au crépuscule d’une saison de souffrances, de tristesse et même de dépit : du bonheur, enfin.
Et la fierté d’être ajaccien, d’être corse.
Le sport, c’est tout à la fois la liesse populaire et un facteur de cohésion sociale. C’est aussi un outil de développement collectif, particulièrement en des temps où la société se cherche repères et dynamiques. Le sport doit ainsi interroger les esprits et mobiliser les forces pour donner du sens, pour donner un élan.
Sachons garder à l’esprit ces considérations au moment des grandes décisions et des grands choix, au moment d’imaginer l’avenir. Car derrière les chiffres et les bilans, il y a le mouvement et la vérité sociale.
A ce titre, la belle victoire ajaccienne peut valoir exemple. La jeunesse a osé, libérée. Elle a réussi, elle a tenu et mérité la confiance placée en elle. En définitive, l’investissement dans la jeunesse est la voie de l’avenir. C’est ainsi, en tout cas, qu’Ajaccio change

L’erreur, l’injustice, l’insulte

5 mai 1992, une triste soirée pour la Corse, une déchirure ; une tribune du stade de Furiani s’effondre faisant de nombreuses victimes. La Corse est endeuillée. Mais très vite, la solidarité se manifeste. Depuis la pelouse où les joueurs accompagnent les blessés et témoignent de leur émotion, jusque dans nos institutions. Ainsi, la finale de la Coupe de France ne sera jamais jouée. Le Monde du football est solidaire.
14 ans plus tard, c’est une toute autre chose. La ligue professionnelle de football a refusé qu’une minute de silence soit observée sur tous les terrains en ce vendredi 5 mai.
Quelle erreur d’appréciation ! Car la tragédie de Furiani a touché les cœurs et les esprits de tous les amateurs de football. Ce n’était pas seulement un drame corse.
Aussi, c’est une profonde injustice que de vouloir circonscrire la peine et le souvenir à notre île ; c’est en effet refuser l’élan généreux de l’humanisme à des citoyens que les gros enjeux du football rendraient moins égaux. Et quelle insulte pour les familles et les proches des victimes. Ne subiraient-elles pas l’amalgame, payant le prix de l’agitation et des excès qui assaillent le sport insulaire ?

Une cure de libéralisme

On a beau claironner que la Corse va mieux, la réalité suscite bien des inquiétudes. La misère s’est installée dans notre pays ; un tiers de la population d’Ajaccio vit avec moins de 750 euro par mois.
Si de nombreux secteurs de l’économie connaissent une reprise, l’emploi et la croissance ne sont toujours pas au rendez-vous pour le plus grand nombre.
La violence persiste, les conservatismes gardent leur ardeur, la politique régionale manque de souffle et de perspectives, les finances locales sont contraintes et les grands dossiers essentiels pour l’avenir de notre île ( PADDUC, énergie, agriculture, …) semblent au point mort.
Seule une saison touristique annoncée florissante pourrait donner un peu d’espoir.
Comment sortir de cet immobilisme, redonner confiance, vaincre l’inertie pour relever les défis qui se présentent à nous ?
Le Président de l’Assemblée de Corse avance des réponses … surprenantes !
Il fait notamment de l’urbanisation du littoral le pivot du développement de la Corse, proposant un quasi doublement des surfaces constructibles dans ces zones particulièrement sensibles. Il dévoile également ses intentions concernant le démantèlement du service public des transports – une fois financée l’opération concoctée par le gouvernement s’entend.
C’est bien une cure du libéralisme le plus extrême que nous propose Camille de Rocca-Serra.
Certes, l’aménagement de notre territoire et les dessertes maritimes et aériennes sont essentielles pour le développement de la Corse. Mais on aurait préféré qu’un état des lieux, des objectifs, une stratégie, soient démocratiquement arrêtés ( suite à une concertation large et un débat à l’Assemblée mené en toute transparence). Alors, tout aussi démocratiquement, les élus régionaux pourraient choisir les conditions de mise en œuvre de cette politique, décider d’éventuels aménagements, proposer des pistes de changement.
Mais résumer une politique à des objectifs finaux, à des quantités, à " désanctuariser " des acquis, ça revient à ignorer l’intérêt collectif. Ca n’est pas faire le jeu de la Corse

5/05/2006

Les élections italiennes

« Les élections législatives et sénatoriales en Italie peuvent être regardées comme un test réussi par les forces démocratiques.
En effet, l’Europe progressiste a vu avec tristesse l’Amérique renier son passé humaniste et s’interrogeait : l’Italie allait-elle à son tour succomber aux sirènes néo-conservatrices et choisir un gouvernement ignorant l’intérêt public, dépourvu du sens de l’Etat et méprisant les valeurs de la Démocratie?
Fort heureusement, les Italiens ne se sont pas résignés. Ils ont retrouvé le goût de l’espérance et choisi, même à une courte majorité, une coalition pour le mouvement.
L’Italie avec PRODI, comme l’Espagne avec ZAPATERO, a désormais rejoint le camp du progrès. Et la Méditerranée se colore d’un esprit de Démocratie, d’une volonté de réforme, d’une conviction européenne.
C’est un doux et bon présage. Sachons donc, nous aussi, nous inscrire sur cette voie de rassemblement, de changement, d’audace et de confiance en l’avenir ! »