2/26/2007

Un stade pour les Ajacciens.

Alors que la polémique sur la question du stade de l'ACA rebondit, les reportages consacrés ces jours derniers à l'équipe de foot de Lille peuvent interpeller l'Ajaccien.
On y apprend que la municipalité de Lille a fait le choix d'une stratégie de rayonnement de la métropole, de compétitivité et de modernité qui se fonde en partie sur la réussite sportive et économique d'un club de foot de 1er rang. Cette réussite invite en effet les entreprises et les citoyens à poser un regard neuf sur la région: jadis terre sinistrée, le Nord devient un exemple de dynamisme sportif, culturel, économique. Le Président du LOSC - le club lillois - affirme dans le même temps que son club prend appui sur cette stratégie municipale et sur les efforts consentis par tous ses partenaires régionaux, publics et privés.
Ajaccio doit méditer cet exemple.
Certes, il est tentant de vouloir trouver un bouc émissaire à des décennies d'immobilisme. les élus font alors une cible facile; surtout lorsque la politique politicienne s'en mêle. Région et Conseil Général de droite accusent alors la Mairie de gauche qui se défend ... parfois contrainte d'aller sur ce même registre. Et les clubs affichent leur mépris et leur condescendance, défendent leurs privilèges, font jouer leurs amitiés, leurs astuces.
Mais qui veut vraiment d'un équipement sportif de haut niveau à Ajaccio?
On serait tenté de dire personne. les uns le refusent pour des raisons comptables, les autres parce qu'ils ne parviennent pas à renouveler la politique sur le fond, d'autres encore sont génés par la réussite des clubs de haut-niveau, frileux ou simplement friands de querelles personnelles.
Alors on porte le débat sur la maîtrise d'ouvrage avec des raffinements et complications administratives aptes à embrouiller les esprits. Bref, on se renvoie la balle comme pour mieux enterrer le dossier. Et la Corse décroche encore un peu plus, livrée à l'immobilisme.
Parce qu'il y a chez nous des énergies et de la volonté, il faut changer de braquet.
Il faut un stade à Ajaccio! il faut un stade public pour la transparence, pour l'égalité, pour espérer encore un club de haut niveau. Ce serait le stade de tous les Ajacciens.
Une telle réalisation serait le signal que la Corse, mobilisée aux tâches de rattrapage, sait aussi anticiper et regarder vers l'avenir.

2/14/2007

où est la gauche (2):

Hier, le Sénat a adopté un texte qui prévoit la modification des règles pour l'élection des conseillers à l'Assemblée de Corse et du Conseil exécutif. C'est sur proposition du Sénateur de la Corse du Sud que la Chambre des collectivités locales a délibéré. Alors qu'avec ces amis Mr Alfonsi refuse absolument tout changement au sein de la CTC, il n'a pu s'empêcher de proposer un "bidouillage" du mode de scrutin. L'objectif poursuivi serait de clarifier la situation et, nous dit-on, de donner toutes ses chances à la gauche. Mais pourquoi alors ce texte n'a-t-il été adopté que par le renfort bienvenu des parlementaires de droite? En effet, socialistes, verts et communistes se sont abstenus. N'assisterait-on à nouveau à une de ces combinaisons originales entre gauche et droite insulaires? Il faut avouer que le moment est propice à pareils arrangements, à quelques jours du vote du budget de la CTC et à quelques semaines de l'élection présidentielle.
En réalité, cette proposition n'avait pour objectif que de figer le rapport de forces issu du deuxième tour - voire du troisième tour - de l'élection régionale de 2004. C'est en fait un coup porté à la pluralité des sensibilités et des convictions à gauche, une sorte de "marche ou crève" adressé à tous les responsables politiques corses qui ne se reconnaissent pas forcément dans la politique pratiquée depuis plusieurs décennies. Et dire qu'on prétend unir la gauche pour la reconquête! Pour cette tâche, pourtant, il est plus besoin de respect et de dialogue que de gonfler les muscles. Un élu au suffrage indirect devrait pourtant le savoir.
Mais il est vrai qu'il est plus aisé de discuter avec les représentants de la droite locale que de rechercher de nouvelles perspectives de progrès pour la population. En guise de clarté et d'efficacité on a le conservatisme. C'est incontestablement le résultat de l'incapacité à rassembler ou de l'absence de volonté de rassembler; la suite logique de l'élection à la Présidence de l'Assemblée de Corse de mars 2004. Certains ne voulaient pas du pouvoir régional, préférant museler les forces qui s'exprimaient pour changer réellement la donne.
Décidemment, la "pulitichella" a encore de beaux jours devant elle!