5/24/2006

L’erreur, l’injustice, l’insulte

5 mai 1992, une triste soirée pour la Corse, une déchirure ; une tribune du stade de Furiani s’effondre faisant de nombreuses victimes. La Corse est endeuillée. Mais très vite, la solidarité se manifeste. Depuis la pelouse où les joueurs accompagnent les blessés et témoignent de leur émotion, jusque dans nos institutions. Ainsi, la finale de la Coupe de France ne sera jamais jouée. Le Monde du football est solidaire.
14 ans plus tard, c’est une toute autre chose. La ligue professionnelle de football a refusé qu’une minute de silence soit observée sur tous les terrains en ce vendredi 5 mai.
Quelle erreur d’appréciation ! Car la tragédie de Furiani a touché les cœurs et les esprits de tous les amateurs de football. Ce n’était pas seulement un drame corse.
Aussi, c’est une profonde injustice que de vouloir circonscrire la peine et le souvenir à notre île ; c’est en effet refuser l’élan généreux de l’humanisme à des citoyens que les gros enjeux du football rendraient moins égaux. Et quelle insulte pour les familles et les proches des victimes. Ne subiraient-elles pas l’amalgame, payant le prix de l’agitation et des excès qui assaillent le sport insulaire ?