10/31/2007

Hier, 29 octobre 2007.

Hier 29 octobre, moment historique. Le Président de la République s’adresse aux élus de Corse dans l’enceinte même de la Collectivité territoriale de Corse. Son discours est retransmis en direct sur Via Stella, sur les radios locales. La Corse, à la croisée des chemins, guette un signe, une parole, espère des solutions.

Que retenir de ce discours ?
Certains, en dépit des larges pouvoirs désormais dévolus à notre région, attendaient tous de lui. Ils seront forcément déçus et ne retiendront que quelques paroles trop générales.
D’autres n’attendaient rien. Ils ne sont pas venus.
D’autres encore, sont persuadés que la Corse, à l’heure des choix, doit prendre ses responsabilités, que son avenir se construit et se joue sur place. Ils auront certainement apprécié le tour d’horizon engagé, brillant – quoique un peu professoral – fait par le Chef de l’Etat.

On a pu noter les mots adressés à Camille, à Ange et même à Emile. Mais quel message voulait-il délivrer aux Corses ?
Peut-être entendait-il flatter une partie de l’opinion insulaire avec un langage direct et des mots très durs ? D’aucuns ne manqueront pas de dire qu’il a dit tout haut ce que beaucoup, en Corse, pensent tout bas. Mais est-ce vraiment de cette façon que l’on fera bouger les choses, que l’on connaîtra la paix? Et puis on est en droit d’attendre autre chose d’un Président de la République.

Difficile alors de dire qu’il a fixé un cap… Sauf à être sans caractère, sans idée ou sans projet. Car le vrai but de cette visite pourrait bien être de relancer la droite insulaire, empêtrée dans l’immobilisme, en l’entraînant dans le sillage de l’activisme présidentiel. Le discours du Président, parfois critique, a pu laisser cette impression.

Pourtant, force est de reconnaître que Nicolas Sarkozy a parlé comme peu d’hommes politiques locaux osent le faire. Il a démontré une bonne connaissance de la situation insulaire et abordé de vrais questions : la fiscalité, les transports, l’université, le développement économique, … Sur tous ces thèmes, des clarifications ont été opérées, des doutes levés, des verrous forcés, des rendez-vous pris. Les low cost ? Le sujet est constamment et soigneusement évité ; le Président souhaite que la Corse avance. Les arrêtés Miot ? Les Corses pourraient bientôt être soumis au droit commun et donc désavantagés ; il acte le maintien d’une dérogation. Quelle volonté ! Quel contraste ! Sur ce plan il marque des points et sa visite pourrait être fort utile en lançant de vrais débats.

Mais on notera deux oublis majeurs. D’abord, la question sociale, essentielle. Notre île vit à l’heure de la misère, de la vie chère, de la précarité. C’est donc un chantier prioritaire. Puis, le projet d’union méditerranéenne dont on peut regretter qu’il n’ait été plus détaillé. Voilà une démarche qu’il aurait été judicieux de lier au développement de la Corse ! Aussi, il est plus regrettable que cette question n’ait été abordée par le Président de l’Assemblée de Corse ou par le Président du Conseil exécutif dans leurs allocutions respectives.

Enfin, il reste du discours de Nicolas Sarkozy comme une inquiétude : la tentation de diviser la Corse, d’opposer les Corses.

10/26/2007

Mémoire ajaccienne:

Une nouvelle fois, une de ces enseignes ajacciennes en vue va fermer ces portes. C'est de "Martin", boutique fameuse du cours Napoléon, dont il s'agit. Le cours sera-t-il encore le Cours lorsque il n'y aura plus que magasins franchisés, néons et articles de mode? Car c'est sur cette artère que les jeunes ajacciens aimaient rivaliser d'élégance.On se prend facilement à se laisser bercer d'une douce nostalgie...
Ajaccio était auparavant ce village où il faisait bon vivre. On se connaissait, on se respectait, on se serrait les coudes. Vous me direz que la ville s'est modernisée, développée, que ces quartiers du Borgu, du San Carlu, du Grandval se sont embellis. Certes, mais nous sommes peut-être en train de perder cet esprit qui y régnait. Cette joie de vivre, cette indolence même parfois, cette certitude d'habiter un endroit privilégié comme béni des Dieux, ... bref l'identité ajaccienne s'abîme un peu. Et c'est bien dommage.
Alors, sachons préserver ce qui reste de la qualité de vie. C'est bien sûr une affaire de politiques publiques. Mais c'est surtout notre devoir, au quotidien.

10/25/2007

il fallait lire Guy Môquet

Guy Môquet est mort le 22 octobre 1941, fusillé par les troupes d’occupation, à l’âge de 17 ans. Il était un lycéen exalté, communiste, libre. C’est l’Histoire de notre pays, brute, dans toute sa dureté et son exactitude.

Mais il y a aussi l’émotion de sa lettre d’adieux ; un texte magnifique. Et de l’émotion, il y en avait dans chacun des établissements scolaires où elle a été lue. Quoi de plus normal, on célébrait le sacrifice d’un Homme mort pour son idéal. Et ça, c’est la République, forcément charnelle et pas seulement scientifique.

Fallait-il proposer un tel moment de sensibilisation, de recueillement ? Oui. Car l’école forme les citoyens de demain qui ne peuvent ignorer la mémoire collective, le regard que porte la Nation – malheureusement pas toujours unanime – sur les heures terribles de la Seconde Guerre mondiale. Se souvenir, c’est aussi donner du sens à la Libération, moment privilégié d’unité et de réformes.

La Collectivité nationale n’écrit pas l’Histoire mais elle se construit sur une mémoire partagée. Aussi, elle doit donner des repères. L’Etat fixe d’ailleurs le contenu des programmes scolaires, édicte des lois pour faire du révisionnisme un délit, reconnaît le génocide arménien, réhabilite les fusillés de 17, … On redoute tant que les jeunes générations demeurent passives, qu’il est bon de les encourager à rejeter ces périls qui menacent toujours. Et on ne doit pas regretter si c’est par répulsion autant que par raisonnement qu’ils rejettent un tel mal.

En Corse, le souvenir de la Résistance et de ses martyrs est fort heureusement bien vivant. Il faut l’entretenir. On célèbre régulièrement ces jeunes Hommes, morts pour notre liberté il n’y a pas si longtemps. Par exemple, chaque année le 19 mars, la Ville d’Ajaccio honore un de ses Héros : Fred Scamaroni. Cette commémoration n’est pas seulement une affaire d’historiens, un triste anniversaire. Elle est la manifestation d’une conscience collective, un souffle de mémoire et de compassion.

Et nos jeunes ont le droit de manifester ce même esprit, sans susciter polémiques ou raidissements. C’est pourquoi leur école doit rester belle, ouverte, humaine, grande.

10/16/2007

La fin des soldes?

Il y a peu, le Conseil Général de la Corse du Sud entendait brader le Chateau de la Punta. Vous avez été nombreux à vous exprimer, notamment sur ce blog pour vous y opposer. Résultat: un changement de doctrine des élus et de nouvelles perspectives qui semblent ouvertes. Voici le communiqué de l'Esprit Démocrate:

"L’Esprit Démocrate, 1er « think-tank » pour la Corse, et son Président, François CASASOPRANA, se félicitent de la Décision du Conseil Général de la Corse du Sud de dégager les crédits nécessaires au confortement et à la mise en sécurité de l’édifice du Château de la Punta.

Cette décision intervient après une mobilisation très forte qui a su rappeler l’attachement de la population à son patrimoine. Il faut ainsi remercier les associations et toutes les personnes qui se sont exprimées et saluer leurs initiatives pour une prise de conscience collective.

L’Esprit Démocrate, en partenariat avec l’association des amis du Château, s’était engagé en ce sens. La décision du Conseil Général se fonde en grande partie sur ce travail de fond et sur les propositions alors exprimées.

L’institution départementale a également, dans se séance du 15 octobre, mis en place une commission sur le devenir du Château. Elle est à ce jour composée exclusivement de conseillers généraux. Il paraît judicieux de l’ouvrir aux autres collectivités concernées ainsi qu’aux associations représentatives afin de préserver le consensus et la résolution dans l’action dégagés au cours des derniers mois.

Une perspective est enfin ouverte pour ce morceau prestigieux du patrimoine de la région ajaccienne ; des propositions existent, une volonté semble s’être formée. Il faut continuer d’avancer."

9/18/2007

De l'audace politique:


Voilà plus d'une semaine maintenant que les médias, la presse quotidienne régionale notamment, s'acharnent sur Dominique de Villepin. Que lui vaut ce traitement particulier? Ce n'est pas la politique qu'il prône pour le Pays. Car lorsqu'il avait en charge la conduite des affaires de la France, les lignes éditoriales, bien que parfois critiques, étaient assurément plus clémentes. Mais aujourd'hui, on moque sa fascination pour Napoléon, on ne voit en lui qu'un essayiste occasionnel, bref, c'est un véritable tir de barrage.Peut-être espère-t-on ainsi plaire au Prince de l'Elysée. Oubliés les couacs ministériels, les reculades, les approximations,... Il faut courtiser et ne parler ni des vrais problèmes ni des fausses réponses. Et si Villepin est une cible c'est qu'il se place dans la position de l'insoumis, voire de l'opposant.Car l'opposition n'est pas fringante. A gauche: pas de proposition, nul projet, peu d'idées nouvelles et une stratégie dépassée. La ligne politique serait l'alliance avec les révolutionnaires et les gauchistes, éternels minoritaires et éternels vaincus. En guise de résistance, l'heure semble plutôt être à la résignation!

Or, pour espérer gouverner, il faut oser s'assumer comme gauche de gouvernement!

Le grand vainqueur de ce jeu, en définitive, c'est le Président qui asseoit son autorité sur tous les contre-pouvoirs. Quel triste sort!

On serait tenté de dire, comme un clin d'oeil à la grandeur politique: "de l'audace, toujours de l'audace!"

4/16/2007

Une vérité qui dérange:

A l'initiative de l'Esprit Démocrate:

Une séance spéciale de "Une vérité qui dérange", de Davis Guggenheim, avec Al Gore, ancien Vice Président des Etats Unis d'Amérique, oscar 2007 du meilleur documentaire;

Mardi 17 avril, à 20h45 au cinéma l'Aiglon, cours Grandval.

La projection sera suivie d'un débat.

4/13/2007

l'europe en fête:


Le 25 mars dernier, pour le cinquantième anniversaire de la signature du Traité de Rome et donc du début de l'oeuvre d'unification européenne, j'étais dans un haut lieu de cette histoire européenne: le salon de l'Horloge, au Quai d'Orsay, où fut prononcé la fameuse déclaration de Robert Schuman, en 1950.

L'occasion m'a ainsi été donnée de réfléchir à la situation de l'Union européenne et aux perspectives d'avenir. Européiste, me direz-vous? Pas du tout, Européen et européen, tout simplement... Et le sort de la Corse ne m'est jamais indifférent, même lorsque le débat porte sur des sujets majeurs qui recquièrent de la hauteur de vue et un projet de long terme.

Mais qu'il est difficile de faire face à cette nouvelle bien pensance si dédaigneuse pour le projet européen, et en définitive pour tout ce qui est réformisme, modération, équilibre, innovation. Derrière ces formules toutes faites qui visent à mettre à l'index ceux qui osent, ceux qui tendent la main, il y a, en réalité, au mieux le conservatisme, au pire le nationalisme. Et pas un discours politique pour élever le débat, dire la vérité, tenter d'instruire et de convaincre. Quelle tristesse!

Heureusement, les manifestations qui ont accompagné l'anniversaire de la signature du Traité de Rome ont apporté un peu de baume au coeur des européens. Enfin, on célébrait l'Europe réunifiée, apaisée, réconciliée. Ce n'est pas rien.

Et je suis fier d'avoir osé cette commémoration à Ajaccio. En partenariat avec l'assocaition l'Europe en Corse, un programme original a permis de faire le lien entre la cause européenne et notre quotidien, et notre identité et nos aspirations. Tout ça avec le sourire et sans agressivité...