Hier, 29 octobre 2007.
Hier 29 octobre, moment historique. Le Président de la République s’adresse aux élus de Corse dans l’enceinte même de la Collectivité territoriale de Corse. Son discours est retransmis en direct sur Via Stella, sur les radios locales. La Corse, à la croisée des chemins, guette un signe, une parole, espère des solutions.
Que retenir de ce discours ?
Certains, en dépit des larges pouvoirs désormais dévolus à notre région, attendaient tous de lui. Ils seront forcément déçus et ne retiendront que quelques paroles trop générales.
D’autres n’attendaient rien. Ils ne sont pas venus.
D’autres encore, sont persuadés que la Corse, à l’heure des choix, doit prendre ses responsabilités, que son avenir se construit et se joue sur place. Ils auront certainement apprécié le tour d’horizon engagé, brillant – quoique un peu professoral – fait par le Chef de l’Etat.
On a pu noter les mots adressés à Camille, à Ange et même à Emile. Mais quel message voulait-il délivrer aux Corses ?
Peut-être entendait-il flatter une partie de l’opinion insulaire avec un langage direct et des mots très durs ? D’aucuns ne manqueront pas de dire qu’il a dit tout haut ce que beaucoup, en Corse, pensent tout bas. Mais est-ce vraiment de cette façon que l’on fera bouger les choses, que l’on connaîtra la paix? Et puis on est en droit d’attendre autre chose d’un Président de la République.
Difficile alors de dire qu’il a fixé un cap… Sauf à être sans caractère, sans idée ou sans projet. Car le vrai but de cette visite pourrait bien être de relancer la droite insulaire, empêtrée dans l’immobilisme, en l’entraînant dans le sillage de l’activisme présidentiel. Le discours du Président, parfois critique, a pu laisser cette impression.
Pourtant, force est de reconnaître que Nicolas Sarkozy a parlé comme peu d’hommes politiques locaux osent le faire. Il a démontré une bonne connaissance de la situation insulaire et abordé de vrais questions : la fiscalité, les transports, l’université, le développement économique, … Sur tous ces thèmes, des clarifications ont été opérées, des doutes levés, des verrous forcés, des rendez-vous pris. Les low cost ? Le sujet est constamment et soigneusement évité ; le Président souhaite que la Corse avance. Les arrêtés Miot ? Les Corses pourraient bientôt être soumis au droit commun et donc désavantagés ; il acte le maintien d’une dérogation. Quelle volonté ! Quel contraste ! Sur ce plan il marque des points et sa visite pourrait être fort utile en lançant de vrais débats.
Mais on notera deux oublis majeurs. D’abord, la question sociale, essentielle. Notre île vit à l’heure de la misère, de la vie chère, de la précarité. C’est donc un chantier prioritaire. Puis, le projet d’union méditerranéenne dont on peut regretter qu’il n’ait été plus détaillé. Voilà une démarche qu’il aurait été judicieux de lier au développement de la Corse ! Aussi, il est plus regrettable que cette question n’ait été abordée par le Président de l’Assemblée de Corse ou par le Président du Conseil exécutif dans leurs allocutions respectives.
Enfin, il reste du discours de Nicolas Sarkozy comme une inquiétude : la tentation de diviser la Corse, d’opposer les Corses.
Que retenir de ce discours ?
Certains, en dépit des larges pouvoirs désormais dévolus à notre région, attendaient tous de lui. Ils seront forcément déçus et ne retiendront que quelques paroles trop générales.
D’autres n’attendaient rien. Ils ne sont pas venus.
D’autres encore, sont persuadés que la Corse, à l’heure des choix, doit prendre ses responsabilités, que son avenir se construit et se joue sur place. Ils auront certainement apprécié le tour d’horizon engagé, brillant – quoique un peu professoral – fait par le Chef de l’Etat.
On a pu noter les mots adressés à Camille, à Ange et même à Emile. Mais quel message voulait-il délivrer aux Corses ?
Peut-être entendait-il flatter une partie de l’opinion insulaire avec un langage direct et des mots très durs ? D’aucuns ne manqueront pas de dire qu’il a dit tout haut ce que beaucoup, en Corse, pensent tout bas. Mais est-ce vraiment de cette façon que l’on fera bouger les choses, que l’on connaîtra la paix? Et puis on est en droit d’attendre autre chose d’un Président de la République.
Difficile alors de dire qu’il a fixé un cap… Sauf à être sans caractère, sans idée ou sans projet. Car le vrai but de cette visite pourrait bien être de relancer la droite insulaire, empêtrée dans l’immobilisme, en l’entraînant dans le sillage de l’activisme présidentiel. Le discours du Président, parfois critique, a pu laisser cette impression.
Pourtant, force est de reconnaître que Nicolas Sarkozy a parlé comme peu d’hommes politiques locaux osent le faire. Il a démontré une bonne connaissance de la situation insulaire et abordé de vrais questions : la fiscalité, les transports, l’université, le développement économique, … Sur tous ces thèmes, des clarifications ont été opérées, des doutes levés, des verrous forcés, des rendez-vous pris. Les low cost ? Le sujet est constamment et soigneusement évité ; le Président souhaite que la Corse avance. Les arrêtés Miot ? Les Corses pourraient bientôt être soumis au droit commun et donc désavantagés ; il acte le maintien d’une dérogation. Quelle volonté ! Quel contraste ! Sur ce plan il marque des points et sa visite pourrait être fort utile en lançant de vrais débats.
Mais on notera deux oublis majeurs. D’abord, la question sociale, essentielle. Notre île vit à l’heure de la misère, de la vie chère, de la précarité. C’est donc un chantier prioritaire. Puis, le projet d’union méditerranéenne dont on peut regretter qu’il n’ait été plus détaillé. Voilà une démarche qu’il aurait été judicieux de lier au développement de la Corse ! Aussi, il est plus regrettable que cette question n’ait été abordée par le Président de l’Assemblée de Corse ou par le Président du Conseil exécutif dans leurs allocutions respectives.
Enfin, il reste du discours de Nicolas Sarkozy comme une inquiétude : la tentation de diviser la Corse, d’opposer les Corses.

12 Comments:
moment historique, ok. évènement importaant pour la Corse, certainement. évènement politique sûrement.C'était l'occasion de confronter des positions, de les faire valoir. Les nationalistes ont boycotté, soit. Mais pourquoi l'élue de Corse sociale démocratie n'était pas là? rencontre jugée inutile, réactions courrues d'avance, boycott volontaire? décevant.
hein!!!!!!!! incroyable les bras m'en tombent !!! ce que j'apprends ici sur la non presence de l'élue csd a la 1ere visite d'un chef de l'état aux elus du peuple. etes vous sur de votre source ? ou peut on le verifier . si cela etait exacte ce serait tres grave.
Excellent papier qui mériterait d'etre publié dans un quotidien.comme d'habitude l'esprit démocrate frise avec l' excellence.
d'accord sur tout .pourquoi tant de polémique sur les lows cost??????? la ccm n'a rien a craindre de la concurrence.la concurrence pousse a l'excellence , avec comme seule gagnante l'economie insulaire et donc le pouvoir d'achat des citoyens!!!!!!!!!!!!!
Pas un mot sur le déploiement des forces de l'ordre ! yen a marre de cette gauche molle !!!!!!!!!!!!
C'était une visite importante qui mérite une analyse au fond. La présence de telle ou telle personnalité ne semble pas être le fait marquant de l'évènement.
Par ailleurs, si le dispositif de sécurité était imposant, il a permis un bon déroulement du conseil des ministres et des rencontres institutionnelles programmées. Un tel dispositif est mis en place pour chaque déplacement comparable. Et puis si des heurts, même légers avient eu lieu, nul doute que la presse aurait titré à la une sur la violence en Corse. Qu'aurait-on entendualors?
Enfin, la gauche n'est pas molle lorsqu'elle pense à la sécurité des personne et au bon ordre. Pas de leçons de morale quant aux convictions humanistes. L'esprit démocrate garde ses convictions, prêt à se révolter contre toutes les injustices, pas seulement les plus faciles ou les plus médiatiques.
L'ESPRIT DEMOCRATE
Bien sûr, la visite a été historique!
Le président a apporté avec lui un gilet pare-balle, deux talonnettes, deux mille policiers, vingt ministres invisibles,un mauvais acteur (un vrai, pas Borloo), un discours sur le développement durable et une empreinte carbone explosant tous les plafonds.
Il insisté sur le fait que nous lui devions tout, de la pluie que nous espérions et qu'il a apporté(sic!)aux chiffres du chômage de longue durée qu'il a lui même trafiqué de ses blanches mains, en passant par le PEI dont il s'attribut la paternité.
Tout cela parce que, il nous l'a rappelé, "je suis le président de la république":pouvions-nous l'oublier?
La venue d'un chef d'Etat, préparée quelque mois auparavant par un Premier Ministre concerné par d'autres sujets, n'est pas historique.
La France marque par là son attachement à la Corse, dont on peut douter tant elle s'ingénie à ne pas proposer à notre île autre chose que des statu quo et des combines pour préserver l'essentiel, c'est à dire souvent l'immobilisme et la continuation du monopole de la droite.
On se plaint que certains aient boycotté cette visite. Je ne suis pas sûr qu'il faut s'en offusquer car ce boycott était partagé par des hommes politique de droite, ceux qui n'attendaient pas grand chose de ce médiatique déplacement.
Une chose est certaine, symboliquement, la République a choisi de faire vivre ses valeurs en Corse, comme en Alsace. C'est une bonne chose, ces conseils de ministres décentralisés.
Sur les discours du président de la République, sur ses mots, l'Esprit démocrate a parfaitement raison.
Le président a de l'énérgie et de la volonté, il pose les questions et ouvre des débats essentiels. Il bouscule une classe politique endormie, peu ambitieuse, sans regard sur l'avenir, et peut être sans un regard pour les enfants de la Corse.
Pour autant, ce caractère n'est pas mis au service de la Corse. Plutôt au service d'une communication, ce pour quoi on ne peut vraiment lui en tenir rigueur.
Ce qui est plus préoccupant, c'est que la nouvelle ère annoncée, ressemble plutôt à une révolution forcément inachevée.
S'intéresser à l'avenir de la Corse et à son développement, n'est pas s'intéresser qu'à certaines catégories, certains acteurs.
Oui, on regrette que la question sociale et économique ait été passée sous silence, comme si le social n'était pas ce qui fonde la société corse. Comme, si encore une fois, la droite oubliait qu'elle doit proposer un projet pour le bien de tous les Corses, de tous les Français, sans exclusion, sans laissé pour compte et brebis galeuses.
Enfin, je le souligne, la Corse doit être un acteur de la transformation en profondeur de la Méditérrannée, formidable terreau d'innovation, de développement économique, d'échanges et de construction d'un projet politique.
La Méditérranée est considérée commme une puissance antique. Rien n'empêche qu'elle redevienne un entité politique, économique et sociale mondiale. Ce projet, il ne s'agit pas d'en faire un titre dans le journal en le reprenant à ses défenseurs, il faut en parler, lui donner vie.
Le président de la république, en ce domaine, comme en matière d'urbanisme, de social, n'a pas lâché un mot. En cela, il a signé le commencement d'une continuation, peut être améliorée à la marge, de la situation actuelle.
La nouvelle ère n'est pas pas à l'ordre du jour. On s'en serait douté, c'est l'effet Sarkozy. A l'instar, de la lutte contre l'insécurité, qui n'a pas baissé. Le sentiment d'insécurité peut-être, mais l'insécurité, non.
Il faut maintenant, et l'Esprit démocrate montre la voie, que des hommes et des femmes prennent le relais du président de la République, pour faire valoir, promouvoir et obtenir les moyens du développement de la Corse.
Je suis d'accord avec toi caïman. Sarkozy se la joue réformateur et même révolutionnaire mais il n'est que le défenseur de l'immobilisme. Quel culot de dénoncer le clan alors qu'il est entouré, à la CTC, de tous ceux qui font le clan!
Alors sa visite n'a pour moi, qu'un seul mérite: ouvrir des débats. A d'autres désormais de s'en emparer, de réfléchir, de proposer. Les amis de Sarkozy et les élus conservateurs ( il y en a de tous bords) ne feront rien.
PS/ tu te trompes caïman, il n'y a que les nationalistes durs qui ont boycotté le Président et peut-être CSD, même si renucci l'a rencontré.
Ouaips, pas mal cette analyse. mais d'abord c'était le 30 octobre et pas le 29. Et puis il y a beaucoup de personnes qui n'attendaient pas grand chose de cette visite. La classe politique a couru pour être aux cotés du Président car elle attendait qu'il règle les problèmes qu'elle ne parvient pas à régler.Mais maintenant, elle trouve qu'il ne fait rien pour faire croire que c'est très compliqué ou bien qu'elle n'a pas besoin de l'Etat.
Et dire qu'il y a des élus qui ont dit que le discours de Sarko valait à peine celui d'un secrétaire d'état. C'est vrai que ces élus nous ont habitué à de grands discours historiques... Et puis ils sont certainement des hommes d'état. Il n'y a qu'à voir leur bilan. Je crois que si cette visite nous laisse sur notre faim, c'est surtout parce que nos élus n'avaient rien à dire, à proposer ou à opposer à Sarko. Y en a même pas un qui lui a dit qu'il aurait du venir à la rencontre des gens au lieu de sebarricader et de bloquer la ville. Ils avaient peut-être peur qu'il leur vole la vedette.
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