10/25/2007

il fallait lire Guy Môquet

Guy Môquet est mort le 22 octobre 1941, fusillé par les troupes d’occupation, à l’âge de 17 ans. Il était un lycéen exalté, communiste, libre. C’est l’Histoire de notre pays, brute, dans toute sa dureté et son exactitude.

Mais il y a aussi l’émotion de sa lettre d’adieux ; un texte magnifique. Et de l’émotion, il y en avait dans chacun des établissements scolaires où elle a été lue. Quoi de plus normal, on célébrait le sacrifice d’un Homme mort pour son idéal. Et ça, c’est la République, forcément charnelle et pas seulement scientifique.

Fallait-il proposer un tel moment de sensibilisation, de recueillement ? Oui. Car l’école forme les citoyens de demain qui ne peuvent ignorer la mémoire collective, le regard que porte la Nation – malheureusement pas toujours unanime – sur les heures terribles de la Seconde Guerre mondiale. Se souvenir, c’est aussi donner du sens à la Libération, moment privilégié d’unité et de réformes.

La Collectivité nationale n’écrit pas l’Histoire mais elle se construit sur une mémoire partagée. Aussi, elle doit donner des repères. L’Etat fixe d’ailleurs le contenu des programmes scolaires, édicte des lois pour faire du révisionnisme un délit, reconnaît le génocide arménien, réhabilite les fusillés de 17, … On redoute tant que les jeunes générations demeurent passives, qu’il est bon de les encourager à rejeter ces périls qui menacent toujours. Et on ne doit pas regretter si c’est par répulsion autant que par raisonnement qu’ils rejettent un tel mal.

En Corse, le souvenir de la Résistance et de ses martyrs est fort heureusement bien vivant. Il faut l’entretenir. On célèbre régulièrement ces jeunes Hommes, morts pour notre liberté il n’y a pas si longtemps. Par exemple, chaque année le 19 mars, la Ville d’Ajaccio honore un de ses Héros : Fred Scamaroni. Cette commémoration n’est pas seulement une affaire d’historiens, un triste anniversaire. Elle est la manifestation d’une conscience collective, un souffle de mémoire et de compassion.

Et nos jeunes ont le droit de manifester ce même esprit, sans susciter polémiques ou raidissements. C’est pourquoi leur école doit rester belle, ouverte, humaine, grande.

1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

d'accord avec vous mais pourquoi si peux de reactions politiques en corse?????????

octobre 25, 2007  

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