2/14/2007

où est la gauche (2):

Hier, le Sénat a adopté un texte qui prévoit la modification des règles pour l'élection des conseillers à l'Assemblée de Corse et du Conseil exécutif. C'est sur proposition du Sénateur de la Corse du Sud que la Chambre des collectivités locales a délibéré. Alors qu'avec ces amis Mr Alfonsi refuse absolument tout changement au sein de la CTC, il n'a pu s'empêcher de proposer un "bidouillage" du mode de scrutin. L'objectif poursuivi serait de clarifier la situation et, nous dit-on, de donner toutes ses chances à la gauche. Mais pourquoi alors ce texte n'a-t-il été adopté que par le renfort bienvenu des parlementaires de droite? En effet, socialistes, verts et communistes se sont abstenus. N'assisterait-on à nouveau à une de ces combinaisons originales entre gauche et droite insulaires? Il faut avouer que le moment est propice à pareils arrangements, à quelques jours du vote du budget de la CTC et à quelques semaines de l'élection présidentielle.
En réalité, cette proposition n'avait pour objectif que de figer le rapport de forces issu du deuxième tour - voire du troisième tour - de l'élection régionale de 2004. C'est en fait un coup porté à la pluralité des sensibilités et des convictions à gauche, une sorte de "marche ou crève" adressé à tous les responsables politiques corses qui ne se reconnaissent pas forcément dans la politique pratiquée depuis plusieurs décennies. Et dire qu'on prétend unir la gauche pour la reconquête! Pour cette tâche, pourtant, il est plus besoin de respect et de dialogue que de gonfler les muscles. Un élu au suffrage indirect devrait pourtant le savoir.
Mais il est vrai qu'il est plus aisé de discuter avec les représentants de la droite locale que de rechercher de nouvelles perspectives de progrès pour la population. En guise de clarté et d'efficacité on a le conservatisme. C'est incontestablement le résultat de l'incapacité à rassembler ou de l'absence de volonté de rassembler; la suite logique de l'élection à la Présidence de l'Assemblée de Corse de mars 2004. Certains ne voulaient pas du pouvoir régional, préférant museler les forces qui s'exprimaient pour changer réellement la donne.
Décidemment, la "pulitichella" a encore de beaux jours devant elle!

5 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Encore une fois, la connivence entre le prg et la droite de l'extrême sud apparaît au grand jour! Une proposition de loi du sénateur de gauche votée par la droite... et on va nous faire croire que c'est le combat de la gauche, la seule position claire, que s'y opposer c'est faire le jeu des violents et je ne sais encore quels autres procès en sorcellerie.
Vous avez raison de dire que le moment n'est pas innocent. Il n'est qu'à voir avec quelle vigueur cette gauche conservatrice a soutenu la candidate socialiste à la présidentielle lui demandant prestemment de se prononcer pour le statu quo. C'est un chantage qui est fait aux progressistes majoritairement de gauche. J'espère que ces progressistes vont parvenir à convaincre la candidate du jeu pervers pratiqué ici.

février 14, 2007  
Anonymous Anonyme said...

D'accord pour la prime de 6 sièges à la liste arrivée en tête. Ca va dans le sens de l'efficacité. D'accord pour le score de 5% afin de fusionner. Mais c'est un coup de force de proposer une augmentation du score nécessaire pour se maintenir. c'est importer le clivage gauche-droite en corse, au mépris des aspirations de la population qui attend simplement que les choses bougent. C'est de la politique politicienne.

février 14, 2007  
Anonymous Anonyme said...

Les petits arrangements, les bidouillages électoraux, les combinaisons alambiquées,... C'est toujours d'actualité, même si c'est sous couvert de stabilité institutionnelle, de clarté politique, de cohérence idéologique. La manoeuvre est habile mais elle ne prend plus: C'est tout sauf clair, c'est tout sauf de gauche, et en guise de stabilité c'est l'immobilisme. En réalité, c'est de clanisme dont il s'agit.
Le principal défi de la Corse c'est la Démocratie: renouvellement, débat d'idées, projet politique. Voila la seule recette pour sortir de l'impasse.

février 20, 2007  
Anonymous Anonyme said...

Ou à l'union des progressistes. Non à l'union des conservateurs. Quand les progressistes vont-ils se rassembler pour proposer des solutions et ne pas laisser le champ libre à l'alliance des contraires?

février 23, 2007  
Anonymous Anonyme said...

S'il est louable d'attribuer une prime de quelque sièges (6 sur 51, ce qui est déjà beaucoup) à la liste arrivée en tête, il est scandaleux de proposer un taux de suffrages élevé pour qu'une liste puisse se maintenir au second tour. Il s'agit d'abord d'un scrutin proportionnel qui vise à cristalliser une opinion, le désir des Corses dans sa diversité. Aussi, en élevant la barre de qualification (comme a voulu le faire la droite pour les élecions régionales de 2004 mais dont le projet n'a pu aboutir compte tenu de son inconstitutionnalité), la proposition de loi du Sénateur porte atteinte à la démocratie dans ce qu'elle a de plus juste. La proposition de loi favorise les clans qui vivent sur des fiefs, favorise les experts de l'immobilisme, favorise un bipartisme trop souvent stérile, surtout en Corse, où chacun de nous est une richesse pour sa collectivité par sa pensée et sa participation au débat public. Produire une politique réaliste, pragmatique et progressiste au service des Corses et du territoire est possible par le dialogue, la diversité des opinions et des expressions. Ca l'est beaucoup moins s'il n'existe que deux grandes formations: la preuve au niveau national, c'est que le candidat de l'UMP ne saura satisfaire en même temps les libéraux et les solidaristes de son camp sans choisir la voie du statu quo ou des actions politiques marginales. Pire, il devra faire des petits cadeaux aux deux tendances au moyen de nominations ou de petits amendements en faveur d'un tel ou d'un autre dont les deux sensibilités se font respectivement les portes voix (le lobbying)

février 26, 2007  

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