9/29/2006

De la cohésion sociale

J'ai participé hier à une réunion fort intéressante dans le quartier des "Jardins de l'Empereur" à Ajaccio. En présence de tous les partenaires institutionnels ou associatifs qui oeuvrent dans ce quartier (classé comme zone urbaine sensible) qui cumule les difficultés et les retards pour l'inclusion sociale des habitants et pour l'égalité des chances. Ensemble nous avons analysé les différentes études disponibles et notamment l'analyse des besoins sociaux réalisée par la Ville.Ensemble, nous allons tenter, dans les prochaines semaines, de bâtir un véritableprojet intégré en faveur des habitants de ce quartier.
Le premier besoin qui est exprimé par les habitants concerne le lien social, une vie de quartier qui n'existe plus. Cette situation est un terrain propice au développement de la peur, de la défiance, de la désespérance. Partant de ce constat,des volontés et de l'enthousiasme qui se sont manifestées hier, j'ai voulu vous livrer quelques pistes de réflexion, et d'action furure:
- recréer des lieux de vie, des lieux de rencontre par une politique forte d'aménagement des espaces extérieurs;
- multiplier le initiatives, concentrer le moyens, imaginer de nouvelles méthodes pour créer sur place de l'activité économique (aider les jeunes à créer leur emploi et/ou leur entreprise dans le quartier où ils vivent par exemple)
- créer un véritable réseau des institutions publiques ou privées qui interviennent sur site, après unrecensement exhaustif;
- doter le quartier de moyens de communication qui lui soient propres;
- multiplier les initiatives à même de susciter une implication des habitants dans la vie de leur quartier;
- consentir un effort durable d'intégration avec une concentration des moyens pour la santé publique, l'alphabétisation, l'accès au droit,...

Voila, à mon sens, les six axes sur lesquels les collectivités doivent s'engager pour les prochaines années. Sur chacun de ces axes, plusieurs mesures concrètes et objectifs précis peuvent nous rassembler. J'aurai certainement l'occasion de vous les présenter en détail, et de les enrichir encore de rencontres et échanges;

François CASASOPRANA

9/26/2006

amateurisme ou archaÏsme?

Une procédure d'appel d'offres est en cours pour déterminer le futur visage des transports maritimes entre Corse et Continent. Il s'agit d'une question primordiale pour l'avenir de notre île.
Mais cette procédure classique, strictement règlementée et censée garantir une appréciation rigoureuse de l'intérêt général recèle des choses surprenantes:
- des entreprises soumissionnaires qui se déchirent et contestent la procédure en la portant déjà devant les tribunaux;
- Un Président de l'assemblée régionale qui a déjà fait son choix, avant même l'analyse des offres, et qui s'en vante;
- Des forces politiques qui jouent sur les mots pour faire du Service Public le paravent de leur démission collective ( car après tout le service public n'est pas sur la sellette puisqu'il est justement question de le déléguer);
- L'Etat qui cherche, au plus haut niveau, à orienter la procédure alors qu'il doit seulement en contrôler la légalité ( il est vrai que le succès de la candidature SNCM est une condition de la privatisation de cette société)...
Bref, on sent que cette affaire est mal engagée et qu'elle n'est pas traitée avec tout le sérieux que son importance et sa sensibilité semblent pourtant exiger.
Le Capital, le Gouvernement, le Parti, la Compagnie amie, l'Histoire même, ... beaucoup de choses peuvent expliquer ce jeu malsain et les libertés prises avec le Droit.

Mais l'intérêt général semble absent des considérations de nos représentants. On connaît déjà le résultat de leurs travaux - baclés ou biaisés -: la Collectivité Territoriale ( et avec elle le contribuable) va payer plus, l'usager va payer plus et le service n'évoluera guère.
Et l'amateurisme se double d'archaïsme. car ce dossier des transports maritimes aurait mérité une large consultation démocratique, des expertises poussées et partagées, des réunions de concertation nombreuses. Il aurait mérité des élus régionaux qu'ils assument leurs responsabilités, qu'ils s'ouvrent à la société plutôt que d'obéir à Paris et de redouter Marseille;

Cette voie démocratique était la seule pour engager un vrai développement économique tout en préservant l'équilibre social et intégrer collectivement les contraintes de la légalité tout en se donnant des marges d'appréciation et d'action nouvelles.
Il n'y aura de réformes que dans cette voie démocratique.

Fascination n'est pas raison

La Corse aime la politique, celle des nobles idéaux pour lesquels s'enflammer, des grandes causes et des grands mouvements de pensée qu'elle sait accueillir ou même initier. Mais les Corses apprécient également les tactiques bien rodées, les manoeuvres habiles, les joutes électorales et les coups bien exécutés; et les hommes politiques, chefs de parti ou de clan notamment, hommes de pouvoir. Fascinés par leur aura et leur science politicienne, d'aucuns, chez nous, en oublient de juger leurs programmes, de confronter leurs desseins à nos belles idées et même à nos valeurs.
Nicolas Sarkozy a entraîné une grande partie de la classe politique insulaire sur cette voie. Pour la Droite, mais aussi pour de nombreux progressistes, il était l'ami de la Corse. Il se révèle désormais surtout l'ami de Georges Bush et des grands financiers. Son programme: la destruction des solidarités, le libéralisme le plus outrancier, l'autoritarisme,... que de maux pour la Corse! "Zébulon" s'oppose ainsi aux Lumières que la Corse a incarné et dans lesquelles elle se reconnaît encore.
Comment gérer alors ce rapport de fascination tandis que le discours se radicalise? Pour beaucoup, ici, c'est la "gueule de bois" assurée; à moins qu'ils ne sachent assumer une grande hypocrisie ou ne soient déjà résignés.

Espérons ensemble en un sursaut démocratique. Que les valeurs de Démocratie, l'humanisme, le débat sur les idées, l'esprit critique, bref la Politique l'emportent!

9/01/2006

en avant l'Europe!

la demi-finale des championnats du Monde de basket-ball qui opposait la Grèce aux Etats-Unis fût passionnante. Les Grecs ont surpassé l'équipe américaine, réputée plus compétitive car composée de stars. Dans tous les domaines, ils ont pris l'avantage, qu'il s'agisse de la maîtrise tactique, de la capacité à s'adapter au jeu de l'adversaire et aux conditions du match, de l'aisance technique. Et dire qu'aucun joueur de cette belle équipe grecque n'évolue dans le très coté championnat américain!
Il y aura donc deux équipes européennes en finale de cette compétition puisque l'Espagne s'est également qualifiée.
Le parrallèle entre sport et politique est tentant, souvent facile. Mais la maîtrise des hellènes, dont la civilisation a grandement inspiré l'europe, m'inspire quelques réflexions. Et si la "vieille Europe" n'avait pas dit son dernier mot? Elle dispose en effet d'un certain savoir faire, de grandes qualités, de grands atouts; Elle porte un espoir de changement des valeurs universelles et incarne une oeuvre de réformes.Cette Europe, rassemblement de Nation en paix, a donc encore un avenir. il lui faut retrouver confiance en elle et accepter ses responsabilités. Elle aura alors la force de faire face aux défis du Monde et d'entraîner l'humanité sur de nouvelles voies. Une Europe qui n'est donc pas une vieille idée mais une force pour l'avenir.