6/23/2006

L’Espagne a ouvert une voie :

Il n’y a pas que sur les terrains du mondial de football que les Espagnols témoignent d’une inspiration nouvelle et de fraîcheur. En politique aussi !
La campagne électorale et l’élection de José Luis ZAPATERO puis son action gouvernementale témoignaient déjà d’une certaine modernité. Il poursuit avec courage son œuvre de réformes qui pourrait bien constituer un exemple intéressant pour notre pays ; quant à l’objectif du changement et quant à la méthode.
Ces derniers jours notamment, ZAPATERO a fait l’actualité.
Il a tout d’abord proposé et fait valider par référendum un nouveau statut pour la Catalogne. Plus que la mesure elle-même, c’est la maîtrise du dossier par le premier ministre et sa détermination qui sont à souligner. Il a en effet cherché à anticiper les tensions, osé des solutions nouvelles, misé sur l’intelligence, la responsabilité et la Démocratie plutôt que sur les reniements et les combinaisons aventureuses.
Sa modernité, c’est la respiration du pays, assise sur le pragmatisme autant que sur les convictions et l’audace. Car le vrai changement passe par des changements, non par l’immobilisme ou l’intangibilité. Que les conservateurs et les extrêmes se crispent pourrait être le symbole de sa réussite, d’un changement en marche.
ZAPATERO s’est également illustré sur un autre terrain, celui de l’avenir de l’Europe, ouvrant la voie à un accord sur l’union politique. Affichant sa volonté de voir respecté le vote des citoyens – c’est vrai pour les Français comme pour les autres – il a néanmoins esquissé des pistes de négociation ; preuve qu’il a bien saisi la gravité de la situation et la valeur des liens entretenus entre membres de l’Union.
Ainsi, il y a en Europe un renouvellement des forces qui ont à porter le flambeau du progrès. Ces forces nouvelles sont capables d’agir en responsabilité, d’oser des changements profonds, de faire prospérer des idées et des pratiques modernes.

4 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Et si la France osait elle aussi des changements profonds, donnant sa chance à des idées nouvelles, à des équipes nouvelles, Pour ça, il faudrait que notre pays retrouve d'abord la confiance et soit sûr de ses forces. Mais peut-être faut-il aussi prendre conscience de la crise dans la quelle nous sommes et se dire qu'il est grand temps d'aller de l'avant. L'espagne peut être un exemple car un souffle de démocratie, d'espoir et d'initiatives traverse ce pays... ce pays jeune.

juin 23, 2006  
Anonymous Anonyme said...

La Catalogne n'est pas la Corse, certes. Et le nouveau statut de la Catalogne n'est pas transposable sur notre île. Peut-être même que la solution à nos problèmes n'est pas dans un énième statut dérogatoire. Mais le fait de faire appel au peuple, de privilégier la démocratie et d'oser toucher à des choses anciennes et compliquées doit nous interpeler. Pas de tabous, une volonté d'avancer malgré les critiques et les procès d'intention, bouleverser les habitudes faire bouger les lignes, tenter de rassembler, tendre la main, accepter de négocier des solutions, c'est peut-être là l'exemple à suivre pour la Corse. A condition que tout le monde accepte le dialogue, à condition que tout le monde accepte de ne pas s'enfermer dans une prétendue vérité immuable. A condition de s'entendre sur le vote citoyen comme seul outil de choix.

juin 23, 2006  
Anonymous Anonyme said...

"Le problème Corse" ne se résume pas à une question institutionnelle. Les institutions ne sont pas une fin en sois. Mais c'est tout de meme 50%. Le "problème" est un problème de reconnaissance et de respect.

L'autonomie, le fédéralisme permettent de faire vivre les différences, de réaliser l'unité dans la diversité alors que le jacobinisme ne fait frustrer les identités.

Il faut une solution européenne en organisant une grande conférence européenne à propos des nations sans état en europe. Aller chiche...

juin 24, 2006  
Anonymous Anonyme said...

Il est important de faire remarquer que les situations espagnoles et françaises diffèrent sur un point fondamental. Rénover l'organisation des pouvoirs sur un "plan territorial" ou prendre en compte des particularités ne peuvent se réaliser efficacement que si et seulement si les acteurs politiques donnent une réelle considération aux territoires et aux hommes concernés. L'échec des statuts de la Corse réside, surtout, outre la "pulitichella" et l'absence de projet d'avenir, dans le manque d'investissement des autorités nationales à comprendre et à ressentir une particularité, donc à lui procurer une atmosphère institutionnelle et juridique propres à une éclosion de progrès. Par exemple, il est nécessaire, avant de s'interroger sur la Corse, de comprendre cette île, ces hommes et ces femmes qui l'animent. Or, souvent, les décideurs qui se sont penchés sur le soit-disant "problème corse" n'ont eu qu'un regard technocratique et mal assuré sur les questions fondamentales de notre île. Pour preuve, l'incurie qui a présidé la desserte de la Corse et la construction du chemin de fer.
Les acteurs politiques espagnols, ZAPATERO en tête, ont compris, eux, quelle attidue il fallait adopter au sein d'un Etat indisible formés de territoires particuliers. Il y a en Espagne, une symbiose entre le Royaume et les communautés autonomes (provinces) dans la mesure où la diversité concourt à la richesse du Royaume (les "autonomies" sont un facteur de progrès et de dévellopement dont profite Madrid, qui peut alors intensifier ses missions étatiques et son lustre culturel).
Il faut souligner, du reste, une méthode exemplaire en terme de démocratie pour ce qui concerne l'élargissement de l'autonomie de la Catalogne.
Et enfin, répéter, ce que "Corsican" a posté : son analyse est très juste.

juin 26, 2006  

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